Quelque chose à propos d'Egon Friedell
- hugo2825
- 25. Jan.
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Il fait partie de ces auteurs dont on ne se lasse jamais et vers lesquels on revient toujours. De nos jours, il est peu lu et les écrits à son sujet se font rares. Seul Manfred Papst, au fil des ans, a profité de son temps dans la Neue Zürcher Zeitung pour analyser avec expertise les œuvres rééditées de Friedell.
Les choses étaient différentes autrefois. Les histoires culturelles de Friedell sur l'époque moderne, la Grèce et l'Antiquité, par exemple, ont connu un large succès dès leur parution. Friedell y décrit l'évolution de l'histoire avec une érudition encyclopédique stupéfiante ; il établit des liens, examine les preuves et livre ses propres jugements. Même si l'on n'est pas toujours obligé d'adhérer à ses points de vue, Friedell conserve une pensée personnelle et originale, une argumentation dialectique – bref, une réflexion intellectuellement stimulante – tandis que les histoires culturelles plus récentes, dans un étalage pédant d'érudition, sont encore loin d'atteindre une profondeur de compréhension suffisante. Friedell va à l'essentiel des phénomènes les plus complexes en quelques mots. Par exemple, au début de ses réflexions sur Shakespeare dans l'histoire culturelle, on lit qu'il était le maître de la forme ouverte, une idée qui, une fois lue, ne s'oublie pas, car la structure dramatique complexe de Shakespeare ne saurait être saisie avec autant de justesse et de concision.
Le terme « histoire culturelle » trouve son origine chez Friedell. Aujourd'hui, hélas, il est tombé en désuétude ; on trouve désormais des histoires culturelles de la valise, du chien de compagnie, du parfum, des collectionneurs compulsifs – voire des accumulateurs – de l'innocence féminine, et même de l'excitation (avec le sous-titre : « Éloge du fouet »). Le terme a perdu de sa valeur, hélas relégué au rang de symbole du déclin culturel.
Il est inimaginable tout ce que nous aurions pu apprendre du polymathe Egon Friedell si les barbares ne l'avaient pas conduit à la mort en 1938. Les circonstances exactes de son décès sont décrites ailleurs en détail ; nous ne les reviendrons pas ici. Pourtant, l'œuvre de Friedell demeure immortelle. Réjouis-toi, poète ; pleure, être humain !
Heureusement, plusieurs ouvrages de Friedell sont de nouveau disponibles, notamment toutes ses histoires culturelles, y compris celles de l'époque moderne, dans diverses éditions. La plus belle est celle publiée par Beck, son fidèle éditeur de son vivant. Et Friedell ne devrait être lu que dans de belles éditions, car on y revient toujours. De plus, plusieurs de ses œuvres posthumes sont également disponibles : « Le Retour de la machine à explorer le temps », « La Terre est-elle habitée ? », « L'Abolition du génie », et, ô joie, bien d'autres encore.
Les œuvres de Friedell ont été traduites en sept langues. Cependant, la situation est moins favorable aujourd'hui. En anglais, on trouve « Le Retour de la machine à explorer le temps » et une histoire culturelle de l'époque moderne, cette dernière étant également disponible en français. Actuellement, il ne semble rien exister en italien, ce qui est regrettable ; mais l'Italie compte tant de figures intellectuelles marquantes que cette lacune est aisément pardonnable.